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"La Vénus de pierre"


Laurent Simon Alice Brière-Haquet

Interview de l’auteure et de l’illustrateur

Alice Brière-Haquet, l’auteure, et Laurent Simon, l’illustrateur, nous parlent de leur démarche de création.

DÉMARCHE ET INSPIRATION

Vous êtes-vous beaucoup documentés pour réaliser cet album ?

Alice Brière-Haquet. Non. J’ai écrit une histoire du XXIe siècle, pour les enfants du XXIe siècle. Je compte ensuite sur mes éditrices et leurs spécialistes pour me rappeler à l’ordre ! Et en effet, on a corrigé pas mal d’anachronismes. Il en reste bien sûr, sur le plan idéologique, mais je l’assume sans souci : si cette poupée est tellement célèbre aujourd’hui, c’est parce qu’elle nous dit quelque chose de notre présent. On sait, au moins depuis Duchamp, que c’est le regard du spectateur qui donne à l’objet son statut d’œuvre.

Laurent Simon. Oui. Je ne connaissais pas beaucoup de choses sur cette période. Je me suis donc renseigné sur la Préhistoire en général et sur le paléolithique supérieur en particulier. Ce sont des sujets pour lesquels il y a beaucoup d’éléments que l’on ne vérifie pas et qui ne sont pourtant pas toujours exacts. Par exemple, il y a une illustration pour laquelle j’ai dû changer le décor car, contrairement à ce que je pensais, les gens ne mangeaient pas à l’intérieur des grottes mais à l’extérieur. Cette multitude de détails dont on ne vérifie pas l’exactitude a parfois des conséquences importantes sur le dessin.

Était-il difficile de construire un texte à partir d’une œuvre sur laquelle nous ne détenons que très peu d’informations ?

Alice Brière-Haquet. Non car je ne fais pas un travail d’historien mais d’artiste. Mon but, le seul, est que cette histoire touche les enfants d’aujourd’hui. Ils iront ensuite, s’ils le souhaitent, chercher davantage d’informations. Mon contexte à moi est le ici et maintenant.

Le fait qu’on ne connaisse pas l’auteur(e) de l’œuvre a-t-il été une contrainte ou plutôt une liberté ?

Alice Brière-Haquet. J’aimerais beaucoup savoir qui l’a taillée, pour qui ou pour quoi, mais c’est par pure curiosité. Pour mon travail d’écriture, je joue avec la réalité. Je n’ai pas de prétention au vrai. Je ne fais pas du documentaire.

Laurent Simon. Cela a plutôt été une contrainte, notamment à cause d’un questionnement sur l’apparence de l’héroïne. Fallait-il représenter une femme avec seulement quelques rondeurs, très en chair ou d’une corpulence plutôt neutre ? On se demandait si la Vénus avait pour objectif de célébrer la fécondité ou l’abondance. Si elle célébrait la fécondité, l’héroïne n’avait pas à être forcément bien en chair. Si, au contraire, elle célébrait l’abondance, cela voudrait dire qu’à la Préhistoire, les femmes de forte corpulence étaient perçues comme belles. Les époques où les femmes rondes sont mises en vedette sont souvent des périodes au cours desquelles la nourriture manque. Si la Vénus était une œuvre liée à la fécondité, représenter un personnage très en rondeur risquait de tromper sur le sens de l’œuvre, et inversement. L’anonymat de l’auteur(e) laisse beaucoup de questions ouvertes qui rendent l’interprétation, et donc la représentation des personnages, assez complexe.

Beaucoup d’hypothèses ont été émises sur ce que représentait la Vénus de Willendorf, sur sa fonction. Quel est votre avis sur la question ? Que vous inspire cette œuvre ?

Alice Brière-Haquet. Je n’ai évidemment pas de réponse, mais je vous avoue que l’hypothèse d’un fétiche de la maternité, largement la plus répandue, m’agace beaucoup… D’une part, parce qu’il est évident que ce n’est pas un corps de femme enceinte, et d’autre part parce que cette manière de ramener sans arrêt la femme à son rôle de mère est vraiment fatiguant. C’est une lecture idéologique mais qu’on n’identifie pas comme telle parce qu’elle appartient à l’idéologie dominante, et que l’idéologie dominante est sans odeur. Elle ne sent pourtant pas très bon : la mère comme la putain sont deux manières de définir encore et toujours la femme par ses attributs sexuels.

Laurent Simon. Je la trouve très belle. C’est un peu étonnant de se dire qu’une telle œuvre ait été créée il y a si longtemps. Cela pose certaines questions concernant l’identité des gens de l’époque. Il s’agit d’un très bel objet mais la distance temporelle qui nous sépare de sa création fait qu’il est aussi très abstrait. Je suis plus surpris et décontenancé par cette œuvre que réellement touché.

L’enjeu de cette histoire est de définir la beauté. Dans l’album, c’est la Vénus de pierre. Quelle serait votre définition de la beauté ?

Alice Brière-Haquet. Je crois que c’est la question la plus difficile qu’on m’ait (qu’on ait !) jamais posée ! C’est une construction culturelle bien sûr, historique et mouvante, mais en même temps chaque civilisation court après, donc ce doit être quelque chose d’un peu universel quand même… D’autant qu’on la retrouve dans la nature, de la queue du paon aux fleurs qui s’habillent pour attirer les papillons… Vraiment, la beauté est un concept fascinant. Personnellement, la meilleure définition que je connaisse est celle de Baudelaire. Elle tient en 168 syllabes :

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l’azur comme un sphinx incompris ;
J’unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j’ai l’air d’emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d’austères études ;

Car j’ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

Laurent Simon. Pour moi ce serait un mélange de vie et de vérité. Quelque chose de beau, c’est quelque chose qui perdure dans les esprits, qui laisse une marque ; comme les grandes œuvres d’art, les grandes réalisations humaines ou les grandes idées politiques. À l’inverse, il faut qu’il y ait aussi un coté vivant, ancré dans le présent. La beauté se définit également par sa part mortelle, cette impression de spontanéité et de vie. Les plus belles œuvres sont celles qui réunissent ces deux éléments de manière paradoxale.

LE RÉCIT ET LES PERSONNAGES

Mettre en scène une héroïne ronde, c’est-à-dire comme on les montre rarement, l’aviez-vous déjà fait ?

Alice Brière-Haquet. Non je ne l’avais jamais fait, mais j’ai très envie de le refaire, et rapidement ! L’absence de diversité dans la représentation des corps féminins est vraiment dramatique je trouve. Que l’on prenne une série comme Game of Thrones qui fourmille de personnages féminins forts, complexes, divers… mais qui entrent tous dans du 36/38. Il est clair que le corps de la femme reste un problème aujourd’hui.

Aar est un personnage à part, qui préfère s’occuper des enfants et des vieillards plutôt que de chasser, qui n’est pas dans la norme genrée ni dans les exploits attendus. Une intention derrière ce choix ? Est-ce que pour vous l’artiste est un être à part ?

Alice Brière-Haquet. Une intention, oui, mais pas celle de définir l’artiste… De la même manière que des stéréotypes pèsent sur le corps féminin, des stéréotypes pèsent sur la sensibilité masculine. Isha et Aar sont deux personnages qui entendent faire un peu bouger ces lignes.

Les deux personnages principaux, Aar et Isha, se différencient des autres membres du clan. Vous avez choisi qu’Aar soit fluet, glabre. Dans les crayonnés, il est même chauve ! Isha, elle, est une héroïne ronde. Pouvez-vous nous parler de la façon dont vous les avez construits ?

Laurent Simon. L’histoire insiste sur trois types de personnes : l’héroïne, le héros et les autres hommes. Les femmes sont très peu évoquées, hormis au début du récit. Elles n’ont pas réellement de rôle. J’en fais apparaître quand même ainsi que des personnes âgées. Je les ai donc un peu évoquées mais c’est surtout en contraste avec les autres hommes, les prétendants, que j’ai construit les deux héros. Pour l’héroïne, il y a eu tout un débat autour de sa corpulence, notamment du côté des éditeurs. Au début, j’avais fait une femme très grosse, presque stylisée. Il a été très difficile de trouver la bonne corpulence et le bon visage. Ce fut laborieux et le résultat n’est peut-être pas ce dont je suis le plus satisfait. Concernant les prétendants, je les avais représentés avec une apparence mature, adulte, en insistant sur leurs muscles. J’ai quand même dû les affiner pour qu’ils paraissent jeunes. Le héros a été pensé à l’inverse : fluet, peu musclé, sans poils ni cheveux, avec des traits plutôt fins, plus enfantins voire légèrement féminins.

Concernant la difficulté de faire une héroïne ronde, cette difficulté vient-elle des critères actuels qui font qu’on a du mal à représenter ce type d’héroïnes, notamment dans la littérature jeunesse ?

Laurent Simon. J’avais choisi de représenter une héroïne ronde parce qu’il me semblait qu’il fallait qu’elle ressemble à la statuette. Ou pas ? C’était une vraie question. Je ne me positionne pas sur le fait de représenter ou non des minorités visibles. C’était plutôt une problématique de l’auteure qui avait imaginé profiter de ce livre pour écrire une histoire qui « déculpabilise ». Dans cet album, ce n’était pas ma préoccupation. Il me semble que les histoires sur la différence sont très en vogue aujourd’hui dans les livres pour enfants. Il est important que ces histoires existent, mais il ne faut pas non plus être obnubilé par cela. Ce n’est pas un thème sur lequel je travaille particulièrement, beaucoup d’autres s’en occupent !

Face à Isha et Aar, les hommes de la tribu paraissent bien rustres, voire comiques parfois : est-ce que ça ne renforce pas les stéréotypes finalement ?

Alice Brière-Haquet. Ce n’était pas vraiment mon intention, et c’est l’illustration qui renforce cette impression. Mais je pense que c’est une bonne idée, c’est une manière de mettre en valeur le modèle proposé par Aar : celui de l’homme sensible, attentif aux autres… Modèle auquel ressemble, en réalité, la plupart des hommes de mon entourage !

Laurent Simon. Oui, mais en même temps, c’est le thème du livre : sortir de la sauvagerie et de la barbarie grâce à l’art. Il fallait que ce soit un peu caricatural pour que ça fonctionne. Le thème de l’histoire étant très contrasté, il fallait que le dessin le soit aussi pour que le texte soit mis en valeur.

Dans le récit, la Vénus de Willendorf est un cadeau dans un rituel amoureux : pourquoi ce choix ?

Alice Brière-Haquet. Parce que la beauté, au fond, c’est nous qui la faisons. Être amoureux, c’est avant tout un jeu de regard : admirer l’autre et s’y voir beau en retour. C’est cette beauté-là que représente la poupée.

Aar offre l’animal de compagnie, le bijou et l’enfant (le chien, la pépite, la poupée) : c’est un couple modèle ?

Alice Brière-Haquet. Haha ! Comme quoi les vieux schémas nous rattrapent ! Pour moi le chien représentait l’amitié, la pépite l’amour, et la poupée l’art. C’était le sens de ma dernière phrase : « C’est maintenant sur l’amitié, sur l’amour et sur l’art que le monde va s’édifier », mais l’animal de compagnie, le bijou et l’enfant en sont, somme toute, une représentation tout aussi valide.

On a retrouvé un certain nombre d’œuvres d’art de l’époque représentant des animaux ou des scènes de chasse. Pourquoi, dans le récit, marquer une rupture entre l’art et les activités liées à la survie ?

Alice Brière-Haquet. Je suis végétarienne, et tout le monde sait que nous sommes de dangereux prosélytes ! Comme je le disais, j’écris au XXIe siècle pour les enfants du XXIe siècle, et la question des activités liées à la survie se pose très différemment aujourd’hui. Alors tant mieux si la lecture soulève débat ! De toute façon, l’anachronisme est inévitable quand nous regardons le passé : l’amour conjugal même, comme le sentiment de l’enfance, sont des inventions du XVIIIe siècle.

LE TRAVAIL D’ILLUSTRATION

La roche, matériau de la Vénus de Willendorf, est très présente dans vos illustrations. Comment la statuette a-t-elle influencée votre façon d’illustrer le récit ?

Laurent Simon. Le thème de la roche rappelant la statuette, il m’a semblé opportun que cette matière revienne tout au long de l’histoire. Je souhaitais également décrire la tribu, représentante de l’humanité, comme très ancrée dans la nature. Puis extraite de la nature par la culture. Il me semblait important de rendre la nature omniprésente, et quoi de plus naturel que le minéral, la pierre ? Tout cela faisait un ensemble thématique assez judicieux. La pierre, élément naturel inerte, qui change le moins possible, se transforme en art, représentant du mouvement de la pensée vivante. Je trouvais que c’était un beau paradoxe, ce qui explique mon insistance sur cet élément dans les décors.

Le récit commence dans la nuit, dans l’espace fermé d’une grotte, et se termine en plein jour, avec une vue sur l’horizon. Ce contraste entre obscurité/lumière, fermeture/ouverture, est-il un moyen de représenter le nouveau temps évoqué dans le texte et l’ouverture sur le monde des arts ?

Laurent Simon. Cette idée est présente tout au long de l’histoire. Au début, on peut observer un gros ensemble rocheux, avec quelques parcelles de ciel sombres et quelques étoiles qui pointent, avec en contraste la lumière du feu qui illumine l’intérieur. Il y a un parallèle entre la lumière naturelle et la lumière de l’intellect. Tout au long de l’histoire, le décor illustre l’état d’esprit. Par exemple, lorsque l’héroïne demande aux hommes d’aller chercher quelque chose de beau, j’ai choisi de faire un décor extrêmement sombre, complètement bouché. Au départ, l’illustration était tellement contrastée que l’on ne voyait même pas les corps des gens, seulement quelques parcelles de visages, quelques membres. Je souhaitais montrer à quel point le défi de l’héroïne pouvait les plonger dans l’obscurité. Presque toutes les images possèdent ce type de réflexion. Le grand horizon qui s’ouvre à la fin de l’histoire a une symbolique assez évidente.

Quels sont vos partis pris graphiques et la technique utilisée pour réaliser les illustrations ?

Laurent Simon. Je commence en proposant des croquis avec juste une idée de la composition, du parti pris. Puis on avance petit à petit, avec le crayonné et ensuite la mise en couleur. Ma technique est très traditionnelle, j’utilise essentiellement de l’encre et un peu de feutre, très peu l’ordinateur, hormis à la fin pour de petites corrections. À part cependant pour l’héroïne, sur laquelle les nombreux retours ont nécessité beaucoup de corrections par ordinateur, et je trouve que cela se ressent.

Pouvez-vous nous parler de cette couverture étonnante ?

Laurent Simon. L’idée de départ était de réaliser l’empreinte de la silhouette de la statuette en rouge, comme une peinture rupestre. Je trouvais que cela fonctionnait bien et que l’on pouvait facilement mettre le titre à l’intérieur. Ensuite, pour que cela ne donne pas une apparence trop graphique, j’avais ajouté des personnages comme dessinés sur un mur. Puis la couverture a évolué vers quelque chose de moins abstrait, avec des personnages qui apparaissent de derrière la silhouette, comme si cette forme était aussi une montagne. Cette silhouette représente une trace (une trace de peinture sur le mur d’une caverne) tout en laissant présager le volume. Ce n’est pas encore la Vénus, mais c’est sa silhouette que l’on voit se dessiner, qui va devenir une statue puis une œuvre d’art finie. Il s’agit d’une idée en devenir. L’aspect esthétique me préoccupait également, je voulais que ce soit joli et marquant.

ET APRÈS L’ALBUM ?

À travers les personnages, le récit aborde la différence. Souhaitez-vous faire passer ce message en particulier ?

Alice Brière-Haquet. L’histoire est née de mon désir de mettre entre les mains des enfants des formats de corps différents. Elle s’inscrit d’ailleurs dans une sorte de trilogie, que j’appelle mes trois Grâces : Le Peintre de la beauté, qui s’inspire de la Vénus de Botticelli, cette Vénus de pierre, et un autre livre en préparation sur la Vénus de Milo. Mais je ne sais pas si c’est vraiment une question de message… La diversité existe : l’écraser sous un format unique est un choix idéologique, rompre cette uniformité en est un aussi.

Laurent Simon. Je trouve cela bien de faire quelque chose pour réhabiliter les personnes rondes et ne pas être dans le stéréotype permanent lorsque l’on crée des histoires. Cependant, j’ai l’impression qu’alors que beaucoup de films ou de livres prônent l’acceptation de la différence, nous sommes dans une époque où il y a beaucoup de pression sociale autour de la différenciation, de la communautarisation… Il me semble que lorsque j’étais enfant, cela existait moins que dans les écoles aujourd’hui. J’ai donc l’impression que, finalement, ce n’est pas la réponse adéquate. Ce n’est pas que je trouve cela bien ou pas bien, c’est surtout que je pense que c’est un peu moins indispensable que ce qu’on a l’air de croire.

Que souhaitez-vous que les enfants retiennent de cet album ?

Alice Brière-Haquet. Un peu de plaisir d’abord. Et puis le fond de leur rétine imprimera un format de corps différent de ceux qu’ils voient d’ordinaire dans les magazines ou à la télévision. C’est le bonus.

Laurent Simon. En tant qu’illustrateur, j’aimerais que les enfants puissent se projeter, donner du corps et du contexte à cette histoire. Qu’ils s’intéressent à cette période, que l’histoire devienne vivante pour eux. Je trouve que c’est un très bon récit, intéressant sans être simpliste. Il permet de montrer que l’histoire de l’art peut être proche des préoccupations du quotidien : le rôle de la pensée dans les relations sociales, le rapport du faible au fort… Si l’album permet de leur montrer que des sujets qui au premier abord ont l’air très intello ou très loin d’eux (comme la Préhistoire ou l’art pariétal) peuvent entrer dans leurs préoccupations, ce sera une très bonne chose. Nous sommes à une époque où les enfants sont soumis à l’instantané, à des images en permanence. On ne les encourage pas à penser au temps long, ce qui est dommageable pour eux et pour la société en général. Si cet album peut leur plaire et les intéresser à autre chose, ce sera me semble-t-il, une bonne contribution.