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"Voyage sur un nuage"


Élise Mansot Véronique Massenot

Interview croisée

Véronique Massenot et Élise Mansot nous parlent de leur démarche de création.

À partir du moment où vous apprenez qui est le peintre de référence, vous renseignez-vous sur lui, sur l’œuvre en question ? Ou bien la part la plus grande est-elle laissée à l’inspiration personnelle, à la création ?

Véronique Massenot : Ayant choisi et le peintre et le tableau moi-même, il est difficile de savoir dans quel ordre se sont passées les choses. En réalité, j’ai d’abord choisi Élise Mansot ! Sa peinture m’attirait depuis longtemps et j’ai cherché vers quels peintres son style m’emmènerait d’instinct. J’ai pensé à Matisse, mais aucun de ses tableaux ne me semblait propice à écrire une histoire. Il y avait peu de personnages, beaucoup de natures mortes et d’intérieurs… puis Chagall s’est imposé, très vite… et Les Mariés de la Tour Eiffel. Cette idée rencontrant, je crois, l’envie d’Élise (Mansot), nous avons eu le feu vert. À partir de ce moment-là, oui, je me suis renseignée plus en avant sur le peintre, peut-être parce que j’ai fait des études d’histoire de l’art et que cela m’intéresse depuis longtemps… Peut-être tout simplement parce que je suis une incorrigible curieuse ! Cela dit, je me suis davantage intéressée à la vie de Chagall en général qu’à l’histoire de ce tableau en particulier. J’avais besoin d’être sur la même longueur d’ondes que le peintre - en tant qu’ “historienne” de formation, cela me semble important -, mais j’avais besoin, également, de conserver la plus grande liberté l’invention possible. Si je n’ai pas cherché à en savoir trop sur l’histoire du tableau, je l’ai en revanche beaucoup observé. L’ambiance m’a tout de suite inspirée, mais également la profusion de détails et d’éléments étranges ou décalés propices à l’interrogation, et donc à l’imagination. J’ai cherché, par mon histoire, à répondre aux questions que me posait ce tableau : pourquoi ces anges ? Pourquoi cette chèvre à moitié violoncelle ? Pourquoi la Tour Eiffel ? Et le facteur ? Cela m’a ouvert des pistes amusantes à creuser.

Élise Mansot : Dans le cas de Marc Chagall, j’étais très inspirée car je connaissais son œuvre depuis longtemps. Elle ne me parlait pas jusqu’à ce que je découvre une exposition à Nice autour du Cantique des cantiques. J’étais adolescente. J’ai été séduite, tant par cette explosion des couleurs que par la tendresse qui émanait de ses toiles. Pour le livre, j’ai analysé plus en détail ses tableaux, je les ai "décortiqués" en quelque sorte. Tant de choses me parlaient, faisaient écho aux émotions que je voulais moi-même dégager dans mes illustrations : des personnages qui volent, des couples très amoureux, des couleurs chatoyantes, des fleurs, des oiseaux et des chèvres, tout un bestiaire que j’aime dessiner moi aussi. Mais je n’ai pas pu me laisser trop influencer car l’œuvre de Marc Chagall n’appartient pas au domaine public et sa famille a donc exercé une sorte de censure, ayant un droit de regard très fort. Ce fut donc une épreuve difficile mais enrichissante car j’ai dû à la fois frôler son œuvre de près, m’en imprégner, sans toutefois la rendre visible dans mes images : un vrai casse-tête ! Par exemple, je pouvais dessiner un couple mais sans qu’il soit trop enlacé et encore moins qu’il vole à la façon des fiancés de Chagall… Après avoir refait quelques images, j’ai fini par trouver des astuces : par exemple, pour le cas du couple qui vole, il ne volait pas mais grimpait à la cime d’un arbre, une autre façon d’approcher le ciel…

Certaines œuvres picturales sont-elles plus problématiques à la naissance de l’inspiration ? Pouvez-vous l’expliquer ?

V. M. : J’ai trop peu d’expérience pour pouvoir vous répondre même si j’en ai déjà parlé en évoquant les intérieurs “inhabités” de Matisse, que j’aime infiniment mais qui ne m’inspiraient pas. Ce que j’ai constaté, c’est mon besoin de personnages. Pourtant, après cette première aventure, je crois que cette absence humaine ne serait plus un obstacle. Je crois que je saurais m’en servir.

É. M. : Tout est question de rencontre. Comme je le disais plus haut, j’ai "rencontré" l’œuvre de Chagall quand j’étais ado alors que je ne l’appréciais pas beaucoup jusqu’alors. Je crois que voir une œuvre en vrai, dans un musée, une exposition, nous permet davantage de nous laisser toucher, de la ressentir. Une œuvre d’art n’a pas la même dimension en vrai que sur une feuille de papier glacé. En général, mon inspiration s’amplifie auprès d’œuvres qui me tirent vers le haut ou qui me poussent à réfléchir. J’ai besoin de ressentir une forme de générosité quand je rencontre une œuvre. Je n’aime pas quand c’est stérile de sens ou d’émotions car je me demande toujours ‘’à quoi bon ?

Qu’est-ce qui dans le tableau a fait naître précisément l’idée du récit et des images ? Avez-vous eu des difficultés à écrire/composer ?

V. M. : Si je compare à ce que je ressentais devant les intérieurs de Matisse, je dirais que ce sont les personnages qui m’ont tout de suite emportée dans la construction narrative. Les mariés, en les voyant, on s’interroge : qui sont-ils ? Comment se sont-ils rencontrés… mais surtout, en ce qui me concerne, c’est le petit facteur caché en haut du tableau qui m’a attirée. Étant immergée dans l’univers du courrier - avec mes ateliers d’écriture et d’art postal, mes romans épistolaires comme Lettres à une disparue, au Livre de Poche Jeunesse, ou en “poste restante” La Lettre mystérieuse ("J’aime lire" n° 348), et mon carnet nommé Correspondances, allusion au courrier mais aussi aux voyages, pas toujours linéaires… - ce petit personnage m’a tout de suite tapé dans l’œil : avec lui, l’histoire pouvait commencer !
Au départ, en effet, j’avais eu des difficultés à cerner le projet, trouver le peintre, le tableau… et aussi le temps d’écrire. Et puis surtout, j’avais vraiment très peur de ne pas être à la hauteur. Je savais qu’Élise attendait mon texte, et comme j’ai de l’admiration pour son travail, je craignais de la décevoir…

É. M. : Je crois que c’est la première fois qu’un récit m’inspire autant. En le lisant, j’ai senti très vite que mes images venaient naturellement, comme une évidence. Comme je ne pouvais dans ce cas précis m’inspirer librement du tableau, le récit de Véronique Massenot a été comme une bouée de sauvetage. Je me suis beaucoup appuyée dessus. Je me suis mise facilement à la place de ce personnage qui veut voir le monde mais qui se trouve lui aussi confronté à des refus, des méfiances de la part des villageois qui ne connaissent rien et se limitent à un monde tout bleu. Les deux protagonistes sont touchants, à la fois rêveurs et aventuriers. J’aime leur rencontre au beau milieu de la jungle, ils ont quelque chose de candide qui me touche beaucoup. Par contre, quand j’ai été face aux refus de certaines images, je me suis sentie totalement démunie, je ne savais plus par quel bout recommencer. Alors je suis allée dans les serres botaniques de ma ville, le parc de la Tête d’Or à Lyon. Le travail des jardiniers est magnifique, on se croirait dans une jungle en miniature ! J’ai dessiné des plantes, des cactus, des plantes carnivores, des racines, des nénuphars… J’avais besoin de faire une coupure dans mon travail afin de mieux rebondir. Il fallait que je trouve une autre source d’inspiration que le tableau de Chagall car il était devenu comme quelque chose d’intouchable. Pour ça, la nature est généreuse et ne m’a fait aucune réflexion ! Et cela a marché.

La question du voyage vous est-elle chère à la manière des voyages chagalliens ?

V. M. : À partir du moment où j’avais choisi mon petit facteur rêveur, je me suis fait totalement plaisir. Ce personnage me ressemble beaucoup. J’ai pris les choses dans l’ordre : étant donné quelqu’un qui n’a jamais quitté son petit village, mais qui a la curiosité de l’ailleurs chevillée au corps, que se passe-t-il ? L’univers ‘’planant’’ de Chagall me suggérait dès le départ un moyen de transport très aérien et le reste a suivi. Cela dit, le voyage chagallien est là, bien présent dans le tableau, avec les présences simultanées du village russe et de la Tour Eiffel, par exemple. Disons que l’univers mouvant de ce tableau a coïncidé avec mon envie de parler d’ouverture au monde.

É. M. : Si je le pouvais, je voyagerais plus. Le voyage ouvre l’esprit à la différence, la bouche à d’autres saveurs, les yeux à d’autres couleurs… Dans mes images j’ai délibérément mélangé des cultures, des paysages végétaux improbables, des couleurs : paradoxalement, si on mélange du rouge, jaune, bleu sans subtilité, ça fait une couleur caca d’oie ! Vous imaginez si toutes mes images étaient de cette couleur, quelle tristesse ! Il faut donc trouver un juste milieu, le bon ton. Le dessin est très libérateur pour ça, on peut chercher et s’inventer un nouveau monde. J’aime l’idée de mixité, du mélange des folklores, de tous les échos que l’on peut trouver d’une culture à l’autre. En même temps, il y a tellement de trésors à préserver dans chaque culture ! Zéphyr passe d’un monde à l’autre, d’une couleur à l’autre, il s’en enrichit, s’en nourrit, il partage, découvre. L’uniformisation me fait peur : si on avait tous le même costume, tous le même métier, tous la même couleur… quel ennui ! Les gens du pays bleu ont peur des autres couleurs, de l’ailleurs. Mais à la fin, quand Zéphyr rentre chez lui, d’autres couleurs ont fleuri dans le village et tout le monde s’en porte mieux - sauf les grincheux !

Vous fixez-vous des contraintes (vocabulaire spécifique, usages littéraires particuliers, motifs, couleurs, techniques), voire faites-vous une relation immédiate à l’aspect pédagogique du projet ?

V. M. : Je me fixe en effet des contraintes, mais ne les vis absolument pas comme telles. Cela tient davantage du jeu et du pur plaisir que cela implique lorsque l’on sent la cohérence venir et donner du sens à tout ce travail. Non, je ne crois pas que l’aspect pédagogique du projet m’ait un instant préoccupée pendant la recherche narrative. J’avoue que je ne tiens pas compte au moment de l’écriture de l’utilisation future du livre en classe. Cela ferait trop de contraintes, pour le coup ! Et puis, je ne suis pas pédagogue et risquerais de me tromper, de tomber à côté… Ma démarche est plus simple ou plus naïve : je regarde un tableau, je le laisse m’emmener ailleurs et j’écris une histoire en puisant dans toutes mes ressources - sensibilité personnelle, reste de mes années d’études en histoire de l’art, recherches, envies du moment - et tout ce que je ne maîtrise pas (et ne veux surtout pas maîtriser) dans l’acte d’écrire. Je pense que j’ai intégré depuis toujours que je m’adresse à des enfants, ou plutôt, pour moi, écrire signifie s’adresser aux enfants, petits, moyens, grands et même… très vieux ! L’enfant, synonyme d’être en devenir, non formaté, ouvert, toujours en appétit d’apprendre - de ce point de vue, il y a des enfants de plus de 90 ans ! Bref, pour moi, la question ne se pose jamais vraiment.
Je pars aussi du principe que ce que l’on a plaisir à transmettre est facilement reçu par les autres. Tout ce que je savais de Chagall, de sa vie, de ses œuvres, de sa palette chromatique s’est marié à mon propre appétit de voyage, ma curiosité pour tout ce qui est étranger et mon envie de jouer avec les mots, les couleurs et les idées, comme le peintre lui-même.
Rien n’était donc calculé a priori, mais si, une fois écrit, le texte n’avait pas contenu tout cela, il n’aurait pas mérité d’exister ; je l’aurais jugé raté. Je ne voulais pas écrire une histoire pour écrire une histoire. L’occasion était trop belle ! Je voulais vraiment faire du “sur-mesure” et me servir au maximum de la spécificité de cette collection. Écrire avec un pinceau, en quelque sorte…

É. M. : Pour ce livre, ce n’est pas moi qui me suis fixé des contraintes mais comme je l’ai expliqué plus haut, les descendants de Chagall vérifiaient chaque image donc les contraintes sont venues d’eux ; et moi, par la force des choses, je m’en suis donc imposé : pas de couple trop enlacé, pas de personnage qui vole, pas de têtes à l’envers… J’ai pensé aux enfants qui allaient regarder mes images, cela m’a en effet beaucoup aidée. Je voulais qu’elles les fassent rêver, qu’il y ait beaucoup de petits détails à découvrir : des oiseaux, beaucoup de tendresse aussi car ça fait du bien à tout le monde.

Votre travail est-il lu, vu par des proches, enfants, qui vous influenceraient dans votre écriture/réécriture ?

V. M. : Cela intervient dans un second temps, celui de la réécriture en effet, une fois que la trame est sûre, qu’elle tient le coup et qu’il s’agit de vérifier que tout le monde comprend ce que j’ai voulu dire. Mes proches, mari, enfants, sont alors mis à contribution, et l’éditeur, évidemment.

É. M. : Mon petit garçon de cinq ans est mon premier lecteur ! J’aime lui montrer mes images et connaître son ressenti. J’ai vu, par exemple, qu’il focalisait sur l’image de la rencontre dans la jungle, il aime chercher les animaux bizarres qui s’y cachent, l’idée qu’on puisse voyager sur un nuage lui plait beaucoup aussi !

Visez-vous à susciter un effet particulier sur le lecteur, enfant ou adulte ? Voulez-vous davantage créer le goût de la lecture, de la peinture ou de l’art en général ?

V. M. : Honnêtement, je n’en ai pas la moindre idée. Je pense que cela dépend de la sensibilité de chaque lecteur. Tout est lié : l’art nous raconte des histoires et suscite en nous divers sentiments - exactement comme la lecture. Tout se rejoint dans l’acte de créer. Peindre un tableau ou écrire une histoire procèdent de la même envie furieuse de s’exprimer, de prendre la parole, de communiquer avec ses contemporains, non ? Après, selon ses propres possibilités, on ira plutôt vers le
pinceau ou le stylo (ou le piano) - et pourquoi pas les deux ?
Bien sûr, j’ai envie que l’on aime mon histoire et mes personnages, que l’on s’attache à eux. Mais pour moi toutes les portes d’entrée sont bonnes. Et les splendides illustrations d’Élise seront sans doute, de ce point de vue, les plus efficaces. Lorsque j’étais enfant, je pouvais me laisser absorber des heures et des heures par les images d’un livre qui me plaisait, partir dedans, l’explorer… Devant la beauté des tableaux d’Élise, la petite fille qui est en moi s’éveille aussitôt. D’autres seront peut-être plus sensibles à la musique des mots (que je soigne toujours beaucoup), aux péripéties du voyage ou encore à l’histoire d’amour. Car il y a beaucoup de manières de cheminer dans un livre.

É.M. : J’ai dédicacé ce livre à mes parents qui nous ont appris, à moi et mes frères et sœur, à contempler toutes sortes de choses, à savourer le beau, un oiseau, un arbre, un joli ciel, une peinture, un instant… Toutes ces petites choses qui m’ont amenée à faire le travail que je fais aujourd’hui. Je ne suis pas naïve pour autant : bien au contraire, cela a éveillé ma responsabilité par rapport à la Terre, à ce devoir que nous avons tous de la protéger, de la sauvegarder et pourquoi pas de l’embellir ! Si cela se ressent, tant mieux.

Savez-vous comment les enfants et leurs enseignants vont se réapproprier l’album ? Voulez-vous qu’ils s’intéressent particulièrement à quelque chose dans votre récit, dans les images ?

V. M. : D’expérience, depuis dix ans que j’écris et rencontre mes lecteurs en classe, je ne suis pas inquiète : l’imagination dont font preuve les enseignants pour aborder les livres et mener les enfants à l’écriture est immense. Ici, de très nombreuses pistes sont possibles. On peut imaginer la lettre du facteur aux villageois, leur annonçant un retour et un mariage imminents. On peut rechercher comment sont construites les deux langues ‘’inventées’’ des peuples du jaune et du rouge, s’en servir pour former d’autres messages de bienvenue ou imaginer des nouvelles, celles de nouveaux peuples croisés au retour par les amoureux, sur leur nuage retrouvé. Ce qui compte à mes yeux dans cette histoire, c’est avant tout la curiosité des autres : le refus de la peur et du repli sur soi. Les traditions d’accueil dont font preuve de nombreuses cultures à l’égard des voyageurs et des étrangers de passage - une attitude qui nous fait cruellement défaut, ici, je trouve ! J’ai aussi aimé dire - ce qui n’était pas forcément facile justement par les mots - que la langue n’est pas tout, qu’elle n’est pas la seule manière de communiquer, que la musique en est une, aussi, comme le sourire, les gestes, le partage d’un plat… et que dire de l’Amour avec un grand A ? Dans ce sens, mon travail est une manière d’hommage à l’art, et à la peinture en particulier, qui se passe très bien de mots !

É. M. : Nous pouvons dégager plusieurs pistes : celle des couleurs, des différentes ambiances colorées, convoquer les trois primaires (le pays bleu, jaune, rouge du début du livre) et ensuite dans la jungle, c’est un mélange de toutes ces couleurs : toutes sortes de verts, des bleus différents, des roses… J’ai fait tout un travail sur la végétation, tant par la technique avec l’utilisation de feuillages imprimés sur l’image que par mes sources d’inspiration, d’observation. J’aime aussi travailler les visages afin qu’on puisse lire des émotions, rendre la tendresse, la colère, évoquer différents sentiments. Il y a tant de choses à dire avec juste un regard…

Une fois l’album terminé, la vision de votre création change-t-elle ?

V. M. : En effet, je suis conquise ! D’autant que j’ai suivi, avec l’éditeur, toutes les difficultés rencontrées par Élise du fait de la ‘’succession Chagall’’. J’ai vu les images refusées ; j’ai pu apprécier la manière dont elle a rebondi, chaque fois, réussissant à échapper à la contrainte. Par ailleurs, comme je l’ai déjà dit plus haut, j’avais choisi Élise depuis le départ. Du coup, la vision de mon texte n’a pas eu à changer : c’était vraiment du sur-mesure et… je ne sais pas si c’est bien de le dire, mais je crois que, finalement, le livre aurait pu exister sans le tableau !

É. M. : À la fin de chaque album, je me demande toujours ce que j’aurais bien pu faire pour améliorer telle ou telle image. C’est le souci de bien faire qui m’anime mais aussi le besoin d’être la plus juste possible, d’être au plus près de ce que je veux dessiner… Cela est dur mais reste fascinant. Affectée par les multiples changements de cap qui m’ont été imposés au cours de mon travail, j’avoue que je ne pouvais plus voir une image de Chagall en peinture ! (si si, c’est vrai !). J’avais fermé mes livres, comme si je les boudais et puis cela est revenu, doucement… J’aime tant sa poésie, sa palette de couleurs… alors j’ai fait la part des choses. Ces différentes contraintes m’ont obligée à aborder mon travail mais aussi l’œuvre de Chagall différemment. Je suis devenue peut-être plus objective. J’ai réalisé que malgré ces différentes contraintes, j’avais plus d’un tour dans mon sac ! Du coup j’aborde aujourd’hui le nouvel album avec plus d’aisance, de légèreté. Dans tous les cas, un livre, c’est à chaque fois une nouvelle aventure, de nouveaux dépassements. Ce que j’espère surtout, c’est que les enfants pourront rentrer dans l’univers du peintre à travers le récit de Véronique et mes images… C’est l’objectif de cette collection et il est louable !